Un signal fort en provenance de Washington. L’ambassadeur des États-Unis à Tunis, Bill Bazzi, a révélé mardi que trois entreprises américaines nourrissent le projet concret d’étendre leurs opérations sur le sol tunisien. Cette annonce a été faite lors d’une audience accordée par Brahim Bouderbala, président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), selon un communiqué officiel publié par l’institution parlementaire. Une rencontre qui illustre la densité croissante des échanges entre les deux pays sur le terrain économique et diplomatique.
Un climat d’investissement jugé favorable par les milieux d’affaires américains
Au cours de cet entretien, Bill Bazzi a tenu à réaffirmer l’attachement de Washington à ses liens de coopération et d’amitié avec Tunis, en insistant tout particulièrement sur les dimensions économique et financière de ce partenariat. L’ambassadeur américain a souligné que la Tunisie bénéficie d’une perception positive auprès des décideurs politiques et des entrepreneurs américains, qui voient dans le pays un environnement propice à l’investissement et porteur d’opportunités réelles.
Cette lecture favorable du contexte tunisien s’inscrit dans un moment où le pays cherche à attirer des capitaux étrangers pour relancer sa croissance. La démarche de ces trois sociétés américaines, dont les identités n’ont pas encore été précisées dans le communiqué de l’ARP, traduit une confiance renouvelée dans le potentiel économique tunisien, en dépit des défis structurels que traverse le pays ces dernières années.
Au-delà de l’investissement direct, Bill Bazzi a évoqué d’autres axes de rapprochement. Il a notamment exprimé la volonté américaine de développer le volet touristique en incitant davantage de citoyens américains à choisir la Tunisie comme destination de voyage. Une orientation qui pourrait, si elle se concrétise, générer des retombées non négligeables pour un secteur qui représente une part importante des recettes en devises du pays.
La coopération militaire a également été mentionnée par le diplomate, qui a évoqué des résultats encourageants dans ce domaine, sans entrer dans les détails. Ce volet reste un pilier discret mais structurant des relations bilatérales entre les deux pays depuis plusieurs décennies.
La jeunesse tunisienne et l’enseignement de l’anglais au cœur du partenariat humain
Bill Bazzi a consacré une part importante de son intervention à la dimension éducative et humaine des relations américano-tunisiennes. Il a mis en lumière l’importance de l’enseignement supérieur comme vecteur de rapprochement entre les deux peuples, en accordant une attention particulière à la maîtrise de la langue anglaise. Selon l’ambassadeur, le développement des compétences linguistiques constitue un levier essentiel pour renforcer les ponts entre Américains et Tunisiens, aussi bien sur le plan académique que professionnel.
Il a par ailleurs rendu hommage aux aptitudes de la jeunesse tunisienne, qu’il a décrite comme hautement qualifiée et apte à contribuer activement, à la fois au développement interne du pays et à son rayonnement à l’international. Une reconnaissance qui résonne comme un encouragement à investir davantage dans la formation et l’employabilité des nouvelles générations.
Sur le plan politique, le diplomate américain a indiqué que les États-Unis suivent avec attention les évolutions institutionnelles en Tunisie. Il a souligné une convergence de vues entre les deux pays sur les principes fondamentaux liés à la démocratie, aux droits civils et aux libertés individuelles, tout en mettant en avant les valeurs communes qui fondent leur relation bilatérale.
Bouderbala plaide pour un cadre juridique attractif et une diplomatie parlementaire active
De son côté, Brahim Bouderbala a accueilli favorablement les intentions américaines en matière d’investissement. Le président de l’ARP a affirmé que l’institution parlementaire s’engage à mettre en place les conditions juridiques et législatives nécessaires pour faciliter la réussite des projets américains en Tunisie. Cette déclaration traduit une volonté affichée du Parlement de jouer un rôle actif dans l’attractivité économique du pays, au-delà de sa fonction législative traditionnelle.
Bouderbala a également rappelé que l’ARP soutient les efforts du gouvernement pour bâtir des partenariats solides avec les nations amies, dans le respect mutuel de la souveraineté nationale et dans un esprit de réciprocité. Il a insisté sur l’utilité des visites d’État, des échanges d’expertises et des rencontres interparlementaires comme outils concrets de consolidation des relations bilatérales.
La question palestinienne a également trouvé sa place dans cet entretien. Brahim Bouderbala a rappelé les droits légitimes du peuple palestinien, tels que reconnus par la communauté internationale, et a estimé que les États-Unis, compte tenu de leur influence sur la scène mondiale, sont en mesure de peser significativement en faveur d’une résolution juste de ce conflit. Une position qui reflète la constance de la diplomatie tunisienne sur ce dossier.
Quant au bilan de la trajectoire démocratique tunisienne, Bouderbala a dressé un tableau du processus d’édification institutionnelle en cours, en soulignant les spécificités du modèle politique adopté par la Tunisie. Il a réaffirmé l’engagement du Parlement en faveur de la liberté d’expression, de la protection des droits et des libertés, et de la primauté d’un État de droit fondé sur des institutions solides et pérennes.








